Marché de bétail, Bénin – Le mois dernier (Février 2025), les éleveurs béninois ont vu leur pouvoir d’achat s’améliorer significativement. Un bœuf de conformation moyenne valait l’équivalent de 17,6 sacs de maïs de 100 kg, soit une hausse de 21 % sur un an.
Cette tendance, consignée dans le Bulletin mensuel du Système d’Information sur les Marchés de bétail, s’inscrit dans un contexte de flambée des prix des bovins, tandis que les petits ruminants peinaient à trouver preneurs. En savoir plus
Un marché à deux vitesses
Selon le Bulletin mensuel du mois dede février 2025, les bovins ont bénéficié d’une demande soutenue, tirée par des facteurs économiques et logistiques. Leur prix a progressé mensuellement et annuellement, malgré des coûts de transport en hausse et la fermeture prolongée de la frontière nigériane. À l’inverse, les ovins et caprins ont pâti de l’absence de fêtes moteurs de consommation. Les prix des ovins ont reculé de 1 % par rapport à janvier, tandis que les caprins ont connu des fluctuations marquées, avec des hausses allant de 6 % à 16 % pour les chevreaux, sous l’effet d’une pénurie de fourrage.
Les chiffres clés du bulletin mensuel illustrent cette tendance. La viande bovine s’est vendue en moyenne à 1 921 F CFA le kilogramme, marquant une légère augmentation de 1 % par rapport à l’année précédente. La viande ovine, quant à elle, a affiché une stabilité relative, avec un prix moyen de 2 267 F CFA le kilogramme, enregistrant toutefois une baisse mensuelle de 1 %. Pour les caprins, les prix ont varié entre 16 815 F CFA pour les chevrettes et 28 127 F CFA pour les chèvres adultes.
Les termes de l’échange favorables aux éleveurs
L’indicateur phare de ce bulletin réside dans l’amélioration du pouvoir d’achat des éleveurs, mesuré par les termes de l’échange bétail-maïs. En février 2025, un éleveur pouvait échanger un bœuf contre 17,6 sacs de maïs de 100 kg, contre 14,6 sacs un an plus tôt, soit une progression annuelle de 21 %. Cette hausse mensuelle de 2 % témoigne d’une valorisation accrue du bétail face aux céréales.
Cette évolution selon le bulletin s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs. D’une part, la cherté des bovins, influencée par les coûts logistiques accrus, a joué un rôle déterminant. D’autre part, la relative stabilité des prix du maïs, malgré les aléas climatiques, a contribué à ce rééquilibrage. Pour les éleveurs, cette situation représentait une bouffée d’oxygène dans un contexte où les intrants agricoles, tels que les aliments pour bétail, pèsent lourdement sur leurs marges.